Comment devenir éducateur spécialisé ?

Comment devenir éducateur spécialisé ? le guide complet

Le 28 juin 2012, après 3 ans d’études,  je devenais éducatrice spécialisée. Avec mon DEES (Diplôme d’Etat d’éducateur Spécialisé) en poche, ma vie professionnelle commençait ! Mais quelles étapes ai-je parcouru avant d’en arriver là ?

Comment me suis-je intéressée au métier d’éducateur spécialisé ?

En sortant du lycée, loin de moi l’idée de devenir éducatrice spécialisée, je n’avais qu’une idée en tête devenir orthophoniste ! Je m’inscris donc en préparation aux concours paramédicaux pendant un an. Après de nombreux essais pour décrocher le concours, je décide de rejoindre les bancs de la faculté de lettres modernes et sciences du langage, tout en travaillant en tant qu’animatrice en centre de loisirs. Je continue les concours en vain et peu à peu je m’intéresse à l’enseignement spécialisé : « et si je devenais enseignante spécialisée ! ». Mais la mentalité de certains futurs enseignants m’a fait fuir, moi je voulais tous les élèves en difficulté et eux n’en voulaient pas à l’école… Et si finalement c’était le métier d’éducateur spécialisé qui me correspondait le mieux ?

Mais que fait un éducateur spécialisé ?

L’éducateur spécialisé accompagne au quotidien des enfants, adolescents, adultes présentant des troubles psychiques, un handicap (physique, mental, sensoriel), des difficultés sociales… Sa mission principale est d’accompagner au quotidien les personnes afin de développer ou maintenir leur autonomie. Pour cela, il met en place des interventions socio-éducatives (diverses activités) en fonction des besoins de chaque personne qu’il accompagne.

Ses missions sont plus spécifiques en fonction du domaine dans lequel il exerce :

  • le handicap
  • la protection de l’enfance
  • la santé mentale
  • l’insertion (sociale et professionnelle)

En effet, le public est différent et de ce fait les problématiques le sont également.

L’éducateur spécialisé ne travaille pas seul ! Il fait partie d’une équipe pluridisciplinaire constituée de différents professionnels (psychologue, ergothérapeute, psychomotricien, éducateur jeunes enfants et bien d’autres).

L’éduc spé doit posséder certaines « qualités » pour exercer sa profession. La capacité à entrer en relation avec l’autre est la base de son métier ! Créativité, capacité d’observations, travail d’équipe, responsabilités… Rassurez-vous, on développe tout cela en formation !

Comment entrer en formation d’éducateur spécialisé ?

Pour entrer en formation, il faut passer un concours d’entrée constitué de deux étapes : une épreuve d’admissibilité et une épreuve d’admission. En fonction de l’école choisie, renseignez-vous sur les conditions du concours car il n’est pas forcément le même dans chaque école. Je m’en suis aperçue en échangeant avec des collègues !

Attention ce concours n’est pas ouvert à tous, il faut :

  • être titulaire du baccalauréat ou
  • être titulaire d’un diplôme d’accès aux études universitaires ou
  • être titulaire d’un titre français de dispense du baccalauréat ou
  • être titulaire d’un titre étranger de niveau Baccalauréat sur décision du Président de l’université ou
  • posséder le Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Vie Sociale ou le Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Aide-Médico Psychologique et avoir exercé pendant cinq années dans l’un des emplois correspondant.

Pour ma part, la première épreuve d’admission était une épreuve écrite avec un sujet spécifique. L’année de mon concours, c’était la misère en France. Nous avions un texte de Victor Hugo pour nous amener à la réflexion, accompagné d’une question de dissertation. Suite à cette épreuve, j’ai reçu un courrier m’annonçant que j’étais admise pour l’épreuve oral.

Pour l’épreuve oral, j’ai dû présenter une lettre de motivation de maximum 3 pages afin de me présenter et d’exposer mes motivations pour devenir éducatrice spécialisée. C’est à partir de cette lettre que les deux membres du jury m’ont posé leurs questions.

Et bingo ! Le facteur a apporté la bonne nouvelle : je suis admise à l’école d’éducateur spécialisé !

Comment se déroule la formation d’éducateur spécialisé ?

La formation d’éducateur spécialisé dure 3 ans. On peut la réaliser en « voie directe », c’est-à-dire en alternant période de stages et de cours dans le centre de formation. Elle peut aussi se faire en apprentissage, les regroupements en centre de formation sont moins fréquents et bien sûr il faut avoir la chance de trouver un employeur !

Durant ces 3 années, nous abordons 4 grands domaines de compétences :

  • Accompagnement social et éducatif spécialisé
  • Conception et conduite de projet éducatif spécialisé
  • Communication professionnelle
  • Implication dans les dynamiques partenariales, institutionnelles et inter-institutionnelles

A chaque domaine de compétences s’associe un certain nombre d’objectifs à atteindre durant toute la formation, je vous invite à les découvrir dans le référentiel métier de l’éducateur spécialisé.

Tout au long de la formation, il faut rédiger plusieurs écrits :

  • un dossier de pratiques professionnelles (l’accompagnement),
  • un journal d’étude clinique (communication et travail d’équipe),
  • un mémoire et dossier de partenariat et réseau.

Chaque écrit est présenté aux membres du jury et soutenu à l’oral lors de l’examen final.

A cela s’ajoute deux épreuves écrites :

  • une étude de cas.
  • des questions sur les politiques sociales (soit sur l’insertion, la santé mentale, le handicap ou la protection de l’enfance).

A cet aspect théorique s’ajoute la pratique. Et oui, être éducateur ça ne s’apprend pas uniquement sur les bancs de l’école et dans les livres, il faut de l’expérience.

Dans mon école, j’ai effectué 3 stages :

  • un stage de 3 mois en ESAT( établissement et service d’aide par le travail )
  • un stage de 3 mois en maison d’enfants
  • et un stage de presque un an dans un IME( institut médico-éducatif)

Que de belles expériences qui m’ont aidé à construire mes écrits mais surtout mon identité professionnelle. Et si tout se passe bien… nous devenons officiellement éducateur spécialisé !

Je suis repartie avec le sésame en poche et avec la grande surprise d’être la major de promotion 2012.

diplôme éducateur spécialisé

Le monde professionnel

Comme nous avons pu le voir précédemment, l’éducateur spécialisé peut travailler dans différents domaines et  donc dans une multitude d’établissements ! J’aime à dire que nous sommes spécialisés en tout et en rien à la fois ! Finalement, chaque éducateur se spécialise en fonction du domaine qu’il choisit. Pour ma part, j’ai choisi le handicap et je m’y sens merveilleusement bien ! Je m’enrichis et me forme chaque jour au côté des jeunes autistes que j’accompagne.

Selon la structure dans laquelle vous travaillerez votre salaire sera différent. Deux types de convention régissent notre travail : la convention 66 et la convention 51.

En début de carrière, l’éducateur spécialisé gagne entre 1 400 et 1500 € nets ; son salaire oscille entre 2 300 et 2 500 € nets en fin de carrière.

J’ai commencé à travailler sous la 66 et suis aujourd’hui sous la 51, ce que je constate c’est une différence de salaire en ce début de carrière et c’est plaisant de gagner un peu plus quand on débute dans la vie. Chacune des deux conventions à ses avantages et ses inconvénients bien sûr ! En fait l’idéal serait de prendre le meilleur des deux pour n’en faire qu’une, mais bizarrement  les employeurs ne veulent pas !

N’oubliez pas que nous sommes dans le social, ce n’est pas dans ce domaine que nous deviendrons riche ! Alors si c’était votre objectif, un conseil changez de route ! Ce qui m’amène à une question qu’il me semble important de se poser avant l’entrée en formation :

Pourquoi devenir éducateur spécialisé ?

Ce n’est pas un métier que l’on choisit tout à fait par hasard ou parce que l’on ne savait pas quoi faire « Tiens et si je devenais éducateur spécialisé ! ». Mes propos peuvent semblaient un peu « durs » mais peut-être que certains d’entre vous ont comme moi rencontré des étudiants, des stagiaires ou même des professionnels qui ont l’air d’avoir choisi cette profession par dépit… Je pense que si l’on décide de travailler avec l’Humain, on ne peut pas le faire sans envie et sans donner de sa personne (enfin ça reste mon point de vue).

J’aime mon métier et j’aimerais transmettre cette passion qui m’anime à tous ceux que je rencontre, d’où la création de ce blog ! Malgré les hauts et les bas, les difficultés, les « échecs » (ou ce qu’on croit être un échec), il y a beaucoup plus de moments magiques. Les personnes que nous accompagnons nous offrent naturellement des petits bonheurs de tous les jours. Ils nous apprennent énormément et nous enrichissent. Bref, ils sont juste FORMIDABLE.

Vous avez aimé cet article ?

Abonnez-vous dès maintenant à la newsletter 

Déjà plus de 3000 abonnés, pourquoi pas vous ?

18 personnes ont commenté cet article, et vous ?

  1. merci pour ce beau témoignage qui montre la diversité de ce métier.ancien élève d ii.m.e
    retraite d esat .j ai été forme pas des professionnels dévoués dans des établissements
    de l a.d.ap.pe.i en Mayenne.5 ans d ime et 35 années d esat .

  2. C’est vraiment super de lire tes articles. Je vois que tu es passionnée dans ton métier par tous les post et celui ci le démontre encore plus ! Je suis heureuse de savoir qu’il y a des personnes comme toi avec qui nos familles sont bien entourées dans leur structure 🙂
    J’aimerai qu’ils soient tous comme toi ! On ressent la différence quand la personne est bien entourée et quand il se plait la ou elle est, et cela passe avant tout par les éducateurs 😉

    • Merci Jérôme 🙂 Pour le DE d’AMP, j’avoue que je ne savais pas… et pourtant j’ai de supers amis AMP. A vrai dire nous n’avons jamais abordé le « grade » (si je peux appeler ça comme ça).

          • Hey Lucie,

            Alors oui c’est bien Aide Medico Psychologique. A la frontière de l’éducatif et du soin et un métier en quête de reconnaissance d’ailleurs… Moi, j’aime bien cette définition : « Les tisseurs du quotidien » Hop un petit lien avec des infos sur le métier : http://www.lien-social.com/Les-tisseurs-du-quotidien-Pour-une-ethique-de-l-accompagnement-de

            En ehpad, l’AMP est bien souvent non reconnu et fait office d’Aide-soignant… Deux métiers bien différents mais qui se complètent sur le terrain et dans l’équipe pluri.

            Pour ma part, je suis AMP diplômé et j’ai suivi ma formation sur deux ans à l’institut St Simon de Toulouse et depuis 5 ans environ, j’exerce ma profession en Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM). Ce FAM accueil des adultes en situation de handicap cérébro-lésés, suite à un accident de la vie (Trauma crânien, médullaire, AVC) et les terrible séquelles de ces traumas (cognitif, moteur, comportementales). Je bosse avec d’autres AMP, AS, Ergo, Kiné, Psy, Psychomot (poste gélé…) grrr… ES (pas nombreuses, 2 postes et encore sur de la coordination et donc du glissement de fonction…) et bien sûr les résidants que je n’oublie pas car sans eux (sic) je n’y serais pas…:) !

            Bref, je ne vais pas m’étaler sur ce sujet, car à la base ton article concerne les ES ! 🙂

            A bientôt
            Jérôme

          • Je suis bien contente d’avoir plus d’infos sur le métier d’AMP! J’envisageais de faire le même type d’article pour AMP, moniteur-éducateur, éducateur jeunes enfants… et au moins grâce à toi je ne me tromperais pas pour AMP, je n’hésiterai pas à te poser des questions ! En fait, dans les structures, c’est parfois difficile de distinguer le rôle de chacun !

  3. Ton article est génial ! Je prépare actuellement le concours et passerai l’épreuve écrite en février. Je travaille depuis un an avec des enfants en école primaire ayant des difficultés langagières, de lecture et de confiance en eux mais aussi parfois avec une problématique sociale. J’espère réellement intégrer l’école, ton article me conforte dans mon idée : je veux devenir educateur spécialisé.
    Merci !

  4. Bjr, je suis actuellement en 2eme année detudes deduc spe en belgique et jai vraiment apprécié ton discours… si je me me permettre tu naborde pas le coté financier de la formation qui, je pense, nest pas négligeable, après ca reste mon point de vue.Sinon je trouve ton article super!

    • C’est vrai, j’ai oublié de parler de l’aspect financier. Je ne connais pas le coût du concours et des études en Belgique mais en France je me souviens avoir payé 190 euros en tout pour le concours. Pou le coût par année d’études, je ne me souviens plus et j’admets avoir eu la chance d’être boursière. Bonne continuation pour tes études !

Partagez votre point de vue