Intégration scolaire en milieu ordinaire

intégration scolaire en milieu ordinaire

L’intégration scolaire en milieu ordinaire a été pendant de longues années le cheval de bataille de mes parents (cf mon parcours d’éducatrice spécialisée). A l’époque, ils ont créé l’association Enfants Soleil 80 et ont employé grâce aux dons et aux festivités organisées par l’association des postes d’auxiliaire d’intégration scolaire (aujourd’hui AVS). Et oui, quand Louise ma soeur trisomique 21 était petite cela n’existait pas, c’est arrivé quelques années après grâce au combat de nombreux parents et aux différentes lois et projets autour du handicap ! Mais pourquoi cette volonté d’intégrer (ou devrais-je dire d’inclure, mais je n’aime pas ce mot !) son enfant en milieu ordinaire ?

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1. L’intégration scolaire en milieu ordinaire : pour qui ? pour quoi ?

Le premier objectif de l’intégration scolaire en milieu ordinaire est le développement social de l’enfant handicapé. En côtoyant des enfants « ordinaires », l’enfant « extraordinaire » a un modèle d’imitation qui lui permettra de progresser ! Dans une réflexion sur l’intégration scolaire,l’associstion RT21 résume très bien le : pour qui et pour quoi : « Les autres enfants, qui ont l’occasion de côtoyer un enfant différent en raison de sa déficience, prennent contact avec des valeurs de vie qu’il ne leur aurait peut-être jamais été donné de voir. […] Ils apprennent des notions de tolérance, de soutien, de partenariat. Il faut aussi penser que dans une classe de 21 élèves, on y retrouve 21 futurs employeurs potentiels, 21 futurs collègues de travail, 21 futurs voisins, pour la personne ayant une trisomie 21 ».

2. Les dispositifs de scolarisation en milieu ordinaire

Il existe plusieurs dispositifs pour la scolarisation en milieu ordinaire :

– les Services d’Education Spéciale et de Soins à Domicile : il aide à maintenir ou à réintégrer l’enfant handicapé dans son milieu naturel de vie en assurant les soins, le soutien éducatif et le suivi nécessaire.

– les Auxiliaires de Vie Scolaire : ils peuvent intervenir de manière collective dans une CLIS ou ULIS ou de manière individuelles auprès de l’élève dans sa classe.

– les CLIS (Classes pour l’Inclusion Scolaire) et ULIS (Unités localisées pour l’Inclusion scolaire)

3. Ma soeur trisomique 21 à l’école

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Louise a l’école primaire en 2001 (CP) avec sa maîtresse et son auxiliaire de vie scolaire de l’association.

En « fouillant » dans mes archives, j’ai retrouvé une réflexion sur l’intégration scolaire de 2000 réalisée par Enfants Soleil et dedans un témoignage parlant de Louise à l’école :  » Louise, trisomique 21 , 7 ans 1/2. Louise a toujours était très bien intégrée socialement tant à l’école qu’au centre aéré et dans son quartier. Mais à l’école, elle exploitait son statut de « privilégiée » et n’avait aucune contrainte dans la mesure où elle ne dérangeait pas. La présence de l’auxiliaire a amené les enseignants à modifier leur attente. En grande section (Louise est rentrée tardivement à l’école ayant marché qu’à partir de 3 ans), Louise s’épanouit beaucoup et a de réels acquis scolaires qui permettent d’envisager un CP avec sérénité : un début de lecture et de calcul étant bien amorcé. »

Louise a eu la chance d’avoir un super accompagnement en classe ordinaire grâce à ses enseignants et Auxiliaires de Vie Scolaire qui ont cru en elle et grâce à des enfants accueillants qui disaient que Louise avait « la maladie de la parole ».

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4. Les limites de l’intégration scolaire en milieu ordinaire,

Rappelons nos jolies petites lois :

– loi d’orientation en faveur des personnes handicapées de 1975 (et oui ça date !), elle indique que tous les enfants en situation de handicap ont le droit à l’éducation. « Les enfants et adolescents handicapés sont soumis à l’obligation éducative. » (article 4)

– loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, elle vient réaffirmer le droit à l’éducation en insistant sur le fait que « tout enfant handicapé est de droit un élève » (article 19).

C’est toujours magnifique sur le papier et moins dans la réalité ! Beaucoup de parents, encore aujourd’hui luttent pour que leur enfant puisse bénéficier autant que possible d’une intégration scolaire en milieu ordinaire. Le temps de présence des AVS est restreint, et les enseignants ne sont pas préparés à accueillir et à enseigner aux enfants en situation de handicap. Il y a un énorme travail à faire du côté de la formation des enseignants et des AVS.

Par ailleurs, les classes types CLIS et ULIS ont peu de places et accueillent de plus en plus des enfants en difficultés scolaires et non handicapés. Faut-il créer de nouvelles classes ?

Enfin, il faut veiller à ne pas vouloir rendre l’enfant en situation de handicap « normal », il faut l’accompagner main dans la main sur le chemin qu’il aura choisi, lui seul connaît ses limites ! Certains enfants auront un mini parcours en milieu ordinaire puis iront vers le milieu spécialisé (IME) mais ils auront appris beaucoup aux autres et à eux-mêmes et continueront à grandir avec un accompagnement spécifique que l’école ne peut malheureusement pas leur apporter aujourd’hui.

.Et pas question de rester enfermer dans une institution, il faut ouvrir les portes et permettre une ouverture de l’un vers l’autre… jusqu’au jour où chacun trouvera sa place dans la société, ou laissera une place à l’autre, et l’intégration scolaire en milieu ordinaire ne sera plus un problème.

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